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Par son patrimoine corallien (incluant 20% des atolls mondiaux, la seconde plus grande barrière corallienne du monde – en Nouvelle-Calédonie - et deux récifs double-barrière), la France occupe le 4ème rang mondial en superficie. L’état de santé des récifs coralliens est globalement satisfaisant dansles océans Pacifique et Indien, il est en revanche dégradé dans les Antilles françaises. Causes des dégradations et état des lieux issu des rapports d'études du Ministère de l'environnement du développement durable.


 

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Nouvelle-Calédonie : récifs coralliens français

 

 

Ce sont des données éloignées de la Métropole, dont les français n'ont pas ou peu connaissance :

  • quinze sites récifaux français sont actuellement protégés,
  • treize ayant le statut de réserves naturelles,
  • deux sites reconnus comme réserve de biosphère : la réserve des Tuamotu (commune de Fakarava) en Polynésie française et,
  • le site "le Grand-Cul-de-Sac-Marin" en Guadeloupe, également classé au titre de la convention de Ramsar sur les zones humides
  • Les récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie ont été proposés en 2007 au classement comme bien naturel au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Une action nationale

L’Initiative Française sur les Récifs Coralliens (IFRECOR: www.ifrecor.nc ), a été lancée en 1999, pour améliorer la protection des récifs coralliens français et en assurer la gestion durable.


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ifrecor Nouvelle-Calédonie

 

Le gouvernement français s’est alors doté d’un comité national - s’appuyant sur des comités locaux dans chacune des collectivités d’outre-mer. Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, il a été décidé de renforcer cette initiative, et d’engager plus fortement la France dans l’animation du réseau international de protection des récifs coralliens.

L’IFRECOR est chargée de définir et de mettre en oeuvre la stratégie nationale en faveur des écosystèmes coralliens et associés. Pour la période 2006-2010, un nouveau plan d’actions a été établi. Parmi les axes d’intervention identifiés, figure la détermination de la contribution socioéconomique des récifs coralliens.

 

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porite : sur récif corallien

 

 

Par ailleurs, une initiative française pour la protection et la gestion des récifs coralliens dans le Pacifique (ou Coral Reef Initiative for the Pacific - CRISP), lancée par l’Agence Française de Développement (AFD), le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et le ministère des affaires étrangères en janvier 2005, rassemble des Etats développés (Australie, France, Japon, Nouvelle-Zélande, Etats-), et de nombreux petits états insulaires du Pacifique autour de la protection et de la gestion des récifs et de leurs ressources (recherche, aménagement et développement ).  Plusieurs partenariats avec des acteurs internationaux majeurs de la gestion des récifs coralliens dansl’océan Pacifique ont été créés autour du projet CRISP.

 

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pocillopora sur récif corallien

 

Les causes de dégradation des récifs coralliens

 

Les facteurs humains de dégradation sont liées à la pression démographique et au développement non maîtrisé des zones côtières : apports sédimentaires liés à de mauvaises pratiques culturales ou forestières sur les bassins versants, eaux usées non-traitées et riches en nutriments, polluants chimiques (pesticides, hydrocarbures, sur-pêche et mauvaises techniques de pêche), remblaiement seule est prise en considération la superficie des récifs coralliens entraînant un changement de nature des récifs, dominés par les algues au détriment des coraux constructeurs.

 

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corail mort : blanchiement issu du réchauffement des eaux

 

Certains événements sont très probablement en relation avec les changements climatiques globaux, comme l’augmentation des épisodes météorologiques extrêmes, l’élévation de la température des océans, à l’origine de phénomènes de blanchissement des coraux suivis de mortalités plus fréquentes, d’explosions démographiques de prédateurs ou d’espèces invasives, ou encore l’augmentation de la concentration en CO2 dans l’eau de mer entraînant une diminution du potentiel de calcification des coraux.

De plus sur les coraux morts, peut se produire la prolifération d’une micro-algue cousine des zooxanthellles, dont l’un des principes actilfs, la ciguatoxine, se concentre sur toute la chaîne alimentaire et provoque une intoxication parfois mortelle et aux répercussions socio-économiques et sanitaires importantes : la ciguatera.

 

Un récif corallien ne peut plus se maintenir lorsque se cumulent en même temps pollutions, dégradations humaines et surexploitation des ressources avec une plus grande fréquence des catastrophes naturelles.

Enfin, une dernière raison de la dégradation accélérée des récifs tient à une gouvernance insuffisante ou inadaptée et à une faible volonté politique d’intervention dans certains pays et agences internationales. Toutefois, les Etats et les institutions régionales et internationales ont à présent conscience que la sauvegarde des récifs coralliens ne passera que par des plans de gestion durable des espaces et des ressources que se seront appropriés les populations riveraines.


Cela exige la mise en place de politiques de conservation et de gestion durable et des pratiques adaptées à chaque territoire.


Réaction en chaine

D’après le Groupe d’experts Intergouvernemental sur I’Evolution du Climat (GIEC), à court terme, si les températures augmentent de plus de 3°C et si cette élévation se poursuit pendant plusieurs mois, il y aura probablement une destruction considérable des coraux. Il convient de noter que le débat scientifique se poursuit sur la capacité des récifs coralliens à supporter des températures plus élevées.

Par ailleurs, une augmentation des concentrations atmosphériques de CO2,et donc du CO2 océanique, pourrait réduire le taux de calcification des coraux et d’autres organismes récifaux à test calcaire et diminuer la capacité du récif à croître en hauteur et à s’adapter à l’élévation du niveau de la mer. L'effet en chaine, pourraient conduire à un appauvrissement de la biodiversité des écosystèmes récifaux et à une aggravation des infestations de parasites et des maladies. Les effets d’une

diminution de la production de ces milieux sur les oiseaux et les mammifères marins devraient être considérables.

La situation des récifs dans les collectivités d’outre-mer françaises

Dans les Antilles françaises (Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin), la situation s’est détériorée depuis 1980 : sédimentation, pollution en nutriments, fertilisants, pesticides et eaux usées ont amené une dégradation des coraux au profit des algues. Par ailleurs, les cyclones de 1980 et de 1989 ont grandement atteint des coraux (dégradation par casse et sédimentation), tandis que les blanchissements de 1998 ont eu pour conséquence une mortalité de l’ordre de 20 à 30%, de même que ceux de 2005.


À la Réunion (océan Indien), les récifs coralliens subissent de très fortes pressions anthropiques en raison d’une urbanisation très forte du littoral et de nombreuses activités agricoles intensives sur les bassins versants, auxquelles s’ajoutent des évènements de blanchissement de plus en plus fréquents. Ainsi,depuis une vingtaine d’années, le recouvrement corallien diminue-t-il très rapidement (il est passé de 41 à 27 % en 2003) et les espèces les plus sensibles disparaissent au profit de communautés plus robustes mais moins diversifiées, notamment dominées par les algues et les poissons herbivores.


À Mayotte, l’explosion économique et démographique contribue directement à l’augmentation de l’érosion des sols et à la sédimentation dans le lagon. Les récifs frangeants sont notablement dégradés. Les phénomènes de blanchissement au cours de la dernière décennie ont provoqué des réductions de la couverture corallienne.


Les Îles Éparses (Tromelin, Europa, Bassas da India, Les Glorieuses et Juan de Nova), sont presque toutes classées en réserve naturelle préfectorales depuis 1975 et sans population résidente importante, mais subissent les conséquences du réchauffement global, comme en 1998 (blanchissement et mortalité corallienne). Quelques dégazages avec hydrocarbures ont pollué les plages de quelques îles.


En Nouvelle-Calédonie côté océan Pacifique, c’est aussi la sédimentation issue des bassins miniers qui a engendré la plus grande dégradation de certains récifs et lagons. Cependant, compte-tenu de la grande superficie de l’écosystème et d’une pression modérée d’exploitation des ressources, la situation reste relativement satisfaisante. Les zones les plus atteintes se situent au sud de la Grande île, au large du centre urbain de Nouméa avec les inconvénients d’activités récréatives importantes pour le milieu, ses biotopes et sa faune (poissons en particulier).


À Wallis et Futuna, qui est le second écosystème corallien, apparaît plus dégradé que le premier. La sédimentation et les eaux usées non-traitées ont endommagé les récifs, de même que des extractions de matériaux coralliens pour les besoin du développement. Par ailleurs, certaines méthodes de pêche traditionnelles sont destructives du milieu.


Enfin, en Polynésie française, les problèmes de dégradation liés aux activités anthropiques se rencontrent surtout dans les îles de la Société, plus particulièrement à Tahiti, Moorea et Bora Bora. Si les impacts résultant des extractions de matériaux coralliens sont presque maîtrisés, le développement économique induit la pertes de zones frangeantes, remblayées, et la détérioration des lagons. Au cours des années 80, l’explosion démographique de l’étoile de mer épineuse et les cyclones ont mis a mal les récifs polynésiens, de même que les blanchissements de 1991 et 2002.

Mais l’immensité océanique de la Polynésie française contient de très nombreux écosystèmes coralliens encore préservés, près d’un tiers des îles basses coralliennes étant inhabité.

L’île de Clipperton, qui dispose d’une zone économique exclusive d’une superficie presque égale à celle de la France, est également bien conservée.

 

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l'île de Clipperton ou Jean Louis Etienne séjourna pour son étude : lien


L’état de santé des récifs coralliens au niveau mondial

Sur une surface totale récifs et lagons de 600 000 km2 (280 000 km2 de récifs), on estime que 20% des récifs coralliens ont été irrémédiablement détruits ou présentent peu de chances de récupération, que 25% sont dans un état critique, que 25% sont menacés et que seulement 30% demeurent dans un état satisfaisant.

C’est dans le sud-est asiatique et dans l’océan Indien, où les récifs sont au maximum de leur diversité, que la situation est la plus préoccupante : il y a peu de signes positifs de récupération des récifs.

Dans les Caraïbes, les communautés coralliennes ont été décimées à plus de 80% dans de nombreuses aires récifales, mais des signes de récupération se manifestent dans certains récifs, ce qui succite quelques espoirs.

 

Source :  www.ifrecor.nc

Tag(s) : #environnement

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