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Peu entendue jusqu'à présent, la recherche nationale s'intéresse aux gaz de schiste. Qu'en dit on dans les laboratoires du Centre National de Recherche Scientifique ? Certains experts, tel le géologue Bruno Goffé, souhaitent que la recherche publique poursuive l’évaluation des techniques liées à l’exploitation des gaz de schiste.

 

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Comment ça marche

« Ces gaz sont prisonniers de roches peu poreuses, appelées roches-mères, situées à une profondeur de 2000 à 3000 mètres, et ne remontent pas tout seuls vers la surface, à la différence du gaz naturel couramment exploité », résume le chercheur. Pour les extraire, une solution consiste à fracturer la roche-mère pour qu’elle laisse échapper le gaz. Pour y parvenir, on fore celle-ci, on introduit un tube dans le puits, puis on provoque de petites explosions destinées à percer la paroi de ce tube. On injecte ensuite à haute pression des centaines de mètres cubes d’eau mélangée à du sable et à des produits chimiques de type gélifiants, pour que se créent puis se propagent dans la roche des fissures et qu’elles restent ouvertes. « Par décompression, le gaz est alors entraîné vers la surface, avec l’eau d’injection et l’eau de la roche », explique le chercheur.

 

Ce qui fait Peur

D’importantes pollutions de la nappe phréatique par le gaz, les produits chimiques ou des dissolvants, se sont déjà produites. Mais pour le chercheur, ces ac- cidents ne doivent pas condamner a priori la technique de fracturation : « Ils résultent de mauvaises pratiques, notamment aux États-Unis où les exploitants, non contraints par des normes publiques aussi strictes qu’en France, ont pu réaliser des forages mal étanchéifiés ou utiliser improprement des produits dangereux, parfois déversés directement dans les cours d’eau. » Autre menace : « la fractu- ration a déjà causé des séismes de faible magnitude, notamment en Suisse, en France et en Angleterre. Je pense cepen- dant que ces risques sont contrôlables car ils dépendent fortement de la mise en

œuvre de la technique, par exemple de la vitesse de pompage de l’eau », commente Bruno Goffé. Autrement dit, selon lui, ces risques inhérents à la fracturation ne seraient pas insurmontables.

Ce que peut La recherche

Pour le géologue, plusieurs voies pour- raient être explorées. « Tout d’abord, on peut remplacer les produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique par des produits compatibles avec l’envi- ronnement, comme par exemple des gélifiants agroalimentaires. En s’inspirant des zéolithes, minéraux microporeux, on peut aussi imaginer de nouveaux mé- langes qui, une fois injectés, se cristalli- sent en un matériau poreux laissant passer le gaz, mais bloquant les subs- tances polluantes. » D’autres techniques sont potentiellement utilisables selon lui, mais n’ont encore jamais été testées. Parmi elles : la méthode thermique, qui consiste à chauffer la roche pour en faire remonter l’eau, et avec elle les fameux gaz. « Quoi qu’il en soit, il est indispen- sable d’améliorer dès maintenant la connaissance du sous-sol, en mobilisant la recherche fondamentale. C’est le devoir de la recherche publique. Cela permet- trait d’identifier et d’anticiper les pro- blèmes, d’adapter les réglementations et d’assurer la surveillance et l’observation sur le long terme », poursuit Bruno Goffé. Cela permettrait aussi de faire progresser la connaissance et l’estima- tion des ressources, renouvelables et non renouvelables, du sous-sol français.

 

Source : Gaz de schiste et le CNRS publication 2012

 

Sur le même sujet : 

Article Gaz de schiste : définition et situation en France - Durableo
Article Qu’est-ce que le gaz et l’huile de schiste ? et permis en France -…
Article Carte de France des Gaz de schiste - Durableo

 

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Tag(s) : #environnement

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