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       Note d’information ISRN

 

 

 

 

Situation des réacteurs nucléaires au Japon suite au séisme

majeur survenu le 11 mars 2011

Point de situation du 20 mars 2011 à 06 heures

 

phot-etat-centrale-nucleaire-kushima-japon-irsn.jpg

 

 

Centrale de Fukushima I (Daiichi)

Depuis le précédent point d’information du 19 mars 2011 sur la situation de la centrale de

Fukushima Daiichi, les informations obtenues par le centre technique de crise de l’IRSN permettent

d’établir l’état suivant des installations.

 

Réalimentations électriques

La connexion d’un câble au transformateur provisoire du réacteur n°2 a été réalisée. L’alimentation

électrique du réacteur lui-même n’est pas encore effective.

Le réacteur n°1 pourrait être réalimenté le 20 mars à partir du réseau électrique commun aux

réacteurs 1 et 2.

 

Etat des bâtiments

Le document en annexe résume l’état des bâtiments sur le site.

 

 

Etat des piscines

Les quantités d’assemblages combustibles présents dans les piscines des réacteurs 1 à 4 sont

confirmées (respectivement 292, 587, 514 et 1500 assemblages). Les puissances résiduelles

associées ont été réévaluées par l’IRSN. Sur cette base, l’IRSN réévalue périodiquement les délais

avant le début de découvrement des assemblages.

L’IRSN suspecte des fuites sur la piscine n°3 et peut-être sur la piscine n°1. La situation est

néanmoins stable vue les injections effectuées par lances à eau.

 

Piscine du réacteur n°1

La puissance à évacuer est faible. Une baisse de niveau antérieure fait supposer une fuite dans

cette piscine. L’utilisation de lances à eau sur camions semble prévue.

 

Piscine du réacteur n°2

La piscine est en ébullition. L’utilisation de lances à eau sur camions semble prévue, en dépit de

l’intégrité du bardage supérieur du bâtiment. L’IRSN a peu d’information récente sur cette piscine.

 

Piscine du réacteur n°3

Une première ébullition a été stoppée par l’appoint en eau par hélicoptères et lances à eaux sur

camion. Un camion de pompier avec un débit de 3,8 tonnes/min et une échelle de 22 mètres aurait

été utilisé pendant 20 à 30 minutes. Un deuxième appoint en eau a été réalisé le 19 mars à 00h30

heure locale (le 18 mars à 16h30 heure de Paris).

L’IRSN estime que la dalle anti-missile située à la verticale de la cuve et de l’enceinte de

confinement a dû être détruite lors de l’explosion hydrogène du 14 mars 2011. Si les ouvrages qui

supportent cette dalle ont également été touchés, il est envisageable, outre les fuites éventuelles,

 

que le niveau d’eau maximal possible au dessus des assemblages combustibles entreposés dans la

piscine soit diminué (dans le pire cas : 1 mètre au dessus du haut des assemblages). Ceci

expliquerait les débits de dose très importants au droit du bâtiment et confirmerait les efforts pour

maintenir en eau cette piscine.

Un appoint de 2000 tonnes d’eau a eu lieu dans la nuit du 19 au 20 mars pendant 9 heures.

 

Piscine du réacteur n°4

Une première ébullition a été stoppée par l’appoint en eau par hélicoptères et lances à eaux sur

camion. La puissance dégagée dans cette piscine est assez élevée.

Un appoint de 80 tonnes d’eau a eu lieu dans la nuit du 19 au 20 mars pendant 1 heure.

 

Piscine du réacteur n°5

La température de l’eau de cette piscine est en nette baisse. Le niveau d’eau est contrôlé. Le toit

du bâtiment a été percé pour éviter une éventuelle combustion d’hydrogène comme sur le bâtiment

N°4.

 

Piscine du réacteur n°6

La température de l’eau de cette piscine est stable. Le niveau d’eau est contrôlé. Le toit du

bâtiment a été percé pour éviter une éventuelle combustion d’hydrogène comme sur le bâtiment

N°4.

 

Piscine de désactivation commune du site

Cette piscine contiendrait de l’ordre de 6500 assemblages. Bien que la puissance unitaire dégagée

par ceux-ci soit nettement plus faible que celle dégagée des assemblages présents dans les piscines

des réacteurs, ils doivent néanmoins être également refroidis. La température et le niveau dans la

piscine sont maintenant contrôlés.

 

 

 

Etat des réacteurs

L’IRSN se préoccupe des quantités de sel cristallisées suite à l’injection d’eau de mer dans les

cuves des réacteurs (impact sur le refroidissement des coeurs, risque de blocage de soupapes…).

De manière générale, il conviendrait de reconstituer des réserves d’eau claire sur le site.

 

Réacteur n°1

Selon l’exploitant, 70% du coeur du réacteur serait endommagé. L’injection d’eau de mer dans la

cuve serait maintenue afin d’assurer le refroidissement du coeur qui reste cependant partiellement

dénoyé. L’eau contenue dans la cuve se décharge dans l’enceinte de confinement via une soupape.

L’enceinte de confinement est maintenue intègre. Il n’y a vraisemblablement plus d’opérations de

dépressurisation de l’enceinte de confinement. Il n’y aurait donc plus de rejet direct de produits

radioactifs dans l’environnement pour l’instant. Ceci est néanmoins à confirmer dans la mesure où

l’enceinte n’est pas refroidie.

La partie supérieure du bâtiment réacteur a été soufflée par une explosion. La salle de commande

est très irradiante, limitant le temps de présence des intervenants.

 

Réacteur n°2

Selon l’exploitant, 33% du coeur du réacteur serait endommagé. L’injection d’eau de mer dans la

cuve est maintenue afin d’assurer le refroidissement du coeur qui est maintenant sous eau.

L’enceinte de confinement est endommagée, toutefois il ne semble pas que l’étanchéité soit remise

en cause (la pression à l’intérieur du bâtiment étant fluctuante). Il n’y a vraisemblablement plus

d’opérations de dépressurisation de l’enceinte de confinement. Il n’y aurait donc plus de rejet

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direct de produits radioactifs dans l’environnement pour l’instant. Ceci est néanmoins à confirmer

dans la mesure où l’enceinte n’est pas refroidie.

La salle de commande est très irradiante, limitant le temps de présence des intervenants.

 

Réacteur n°3

Le coeur du réacteur est partiellement endommagé. L’injection d’eau de mer dans la cuve serait

maintenue afin d’assurer le refroidissement du coeur qui reste cependant partiellement dénoyé. La

vapeur produite dans la cuve au contact du combustible s’évacue dans l’enceinte de confinement

qui semble toujours étanche.

Une action de dépressurisation de l’enceinte est envisagée du fait de sa montée en pression. Cette

action entraînerait de nouveaux rejets de produits radioactifs dans l’environnement.

La partie supérieure du bâtiment réacteur a été soufflée par une explosion. La salle de commande

est très irradiante, limitant le temps de présence des intervenants.

 

Réacteur n°4

La partie supérieure du bâtiment est endommagée. La salle de commande est très irradiante,

limitant le temps de présence des intervenants.

 

Réacteurs n°5 et 6

Le coeur de chacun de ces réacteurs est chargé en assemblages combustibles. Une injection d’eau

dans ces cuves est maintenant en cours par un système normal. La pression et la température à

l’intérieur de la cuve monte lentement. Ces réacteurs disposent de deux groupes électrogènes.

 

Centrale de Fukushima II (Daini)

Réacteurs n° 1, 2, 3, 4

Sur ce site, les réacteurs n° 1, 2, 3 et 4 ont atteint les conditions d’arrêt normales (appelées « arrêt

à froid »). Aucune dégradation du combustible n’a eu lieu sur ces réacteurs.

 

Centrales d’Onagawa et de Tokai

Il n’y a pas d’élément particulier à signaler.

 

 

Source : ISRN et http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_Seisme-Japon_Point-situation-20032011-06h.pdf

Tag(s) : #environnement

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