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Recycler n'est pas chose aisée quand certains grands groupes cherchent à "ralentir" certains processus écologiques de recyclage. Tel est la mauvaise expérience que vit le groupe de PME du recyclage Européen Aurea, face aux "gros" lobbys tels TOTAL ou/et Véolia ... Picard contre Tricard !

 

 

aurea


Bon, d’accord, sa raffinerie de Lillebonne, en bord de Seine, n’a rien de glamour avec sa tuyauterie multicolore et ses grandes cuves bleues. Mais Joël Picard peut être fier de cette unité, la seule qui, pour l’heure, régénère l’huile de vidange en France. Ce procédé propre permet de recycler 75% des 115 000 tonnes qui lui arrivent chaque année.

 

A la sortie des tuyaux, pas une odeur et de l’huile prête à consommer… dans votre moteur. «Des usines comme la nôtre contribuent à améliorer une situation française peu glorieuse, souligne le fondateur d’Eco Huile, dont le groupe recycle aussi le PVC, les plastiques ou l’aluminium. Le gros des huiles usagées est aujourd’hui brûlé, tout comme les pneus d’ailleurs.»

 

Seulement voilà, Veolia Environnement et Total n’aiment guère qu’on vienne s’immiscer dans leur juteuse cuisine. La collecte d’huile de vidange, assurée à 50% par Veolia en France, est en effet subventionnée 84 euros la tonne – ça fait cher le transport – bien qu’elle soit fournie gratuitement par les garagistes. Le géant du traitement des déchets se charge de la valoriser, principalement comme combustible.

 

Bref, Eco Huile, avec ses prétentions écolos, gâche le métier. Nos deux poids lourds ont donc décidé de lui apprendre la vie. En lui coupant d’abord le robinet. «Veolia nous livrait 60 000 tonnes d’huile usagée en 2006, aujourd’hui c’est tombé à 12 000», regrette Joël Picard. Lequel se prépare, deuxième coup de semonce, à une concurrence frontale.

 

 

 

Ça ne s’invente pas, Osilub, filiale commune de Veolia et Total, prépare en effet l’ouverture d’une usine de recyclage d’huile à Gonfreville-l’Orcher, à 12 kilomètres de celle d’Eco Huile. Et pas un petit alambic : l’unité (55 millions d’euros d’investissement) aura une capacité de 120 000 tonnes. Les pouvoirs publics préconisaient plutôt une usine dans le sud de la France, à Fos-sur-Mer, mais les deux compères n’en ont pas voulu. «La Seine-Maritime, c’est la Silicon Valley de l’huile de base», ose Jacques Tricard, le DG d’Osilub.

 

Recycler l’huile souillée pour en faire quoi ?

Question simple, réponse compliquée. Veolia affirme que le distillat qu’il sortira a vocation à devenir de l’huile. Joël Picard, lui, est persuadé qu’il servira peu ou prou de carburant. «C’est faux», rétorque Jacques Tricard. Une chose est sûre : le procédé industriel de Veolia suscite les interrogations.

Le sénateur maire du Grand-Quevilly, Marc Massion, avait refusé fin 2007 de donner son permis de construire en invoquant «les trop nombreux points d’incertitude liés à l’environnement et aux risques industriels pour la population». Osilub s’est, du coup, rabattu sur la plus conciliante communauté de communes du Havre, dont dépend Gonfreville, pour installer ses tuyauteries.

 

Aujourd’hui, Joël Picard espère faire capoter le projet de ses puissants concurrents en justice. Il a attaqué l’arrêté préfectoral autorisant la mise en exploitation de l’usine. Il espère aussi que l’installation sera classée Seveso, ce qui obligerait Veolia et Total à revoir leur copie et repousserait de six mois la mise en route de leur usine. «Nous n’avons aucune demande en vue d’un classement Seveso», tranche, imperturbable, Jacques Tricard.

 

 

Source : Christophe David pour Capital 

Tag(s) : #PME vertes

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