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La sècheresse touche la France de façon contrasté, mais avec des température nationales pour le mois d'Avril 2011 déjà hors normes, et comparables aux années 2005,  2007 voire 2009. Le BRGM publie régulièrement sa note d'information sur le niveau des nappes d'eau souterraine en France. Point sur la situation de la sècheresse et des niveaux des nappes phréatiques en France, pour le mois d'Avril 2011.

 

 

 

 

 

Résumé de la situation au 1er avril 2011

Situation du niveau des nappes
Le niveau des nappes au 1er avril 2011 est hétérogène d'une région à l'autre.
Environ 58% des réservoirs affichent un niveau inférieur à la normale. C’est le cas sur la plus grande partie du Bassin parisien et dans le Sud-Ouest pour plusieurs grands aquifères. On peut citer les nappes de Beauce, du Lutétien et du Champigny en Ile-de-France ou encore les nappes du bassin de la Garonne en Midi-Pyrénées. Cette situation est le résultat de plusieurs années de déficit pluviométrique.

Tendance d'évolution du niveau des nappes

Une proportion relativement réduite des niveaux de nappe est en hausse (30%) en mars. Cette situation n’est pas très favorable en ce début d’année qui devrait représenter, sur le cycle hydrologique naturel, la période de recharge généralisée liée aux précipitations hivernales. La situation des niveaux de nappe est ainsi globalement assez perturbée, en raison de déficit pluviométrique sur certaines régions comme par exemple l’Aquitaine, la Bretagne, et le Centre.

 

 

Le mois de mars 2011 affiche des cumuls de précipitations déficitaires de l'Aquitaine aux côtes de la Manche ainsi qu'en Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, Franche-Comté et sur les Alpes du Nord. Le déficit dépasse 75 % en Bretagne, Sologne et Touraine, ainsi que le long de la frontière belge. A l’inverse, la pluviométrie affiche un excédent atteignant au moins une fois et demie la normale sur le pourtour méditerranéen, les Cévennes et l’Est de la Corse. En Languedoc-Roussillon, l’épisode méditerranéen du 11 au 16 mars a notamment généré des cumuls dépassant trois fois la normale.

Les précipitations efficaces cumulées depuis septembre dernier sont supérieures à 500 mm sur le sud de la Bretagne, le Cotentin, le bassin de l’Adour, les monts de Lacaune, les Cévennes et le Vivarais, le Cantal, la Côte d’Azur et localement sur les massifs, du Sud des Vosges aux Alpes. Les cumuls dépassent localement 1000 mm en Ardèche. Les précipitations efficaces sont en revanche déficitaires sur la quasi-totalité du pays, en particulier sur le plateau Lorrain, en Picardie et sur le Sud de l’Aveyron où les cumuls restent inférieurs à 50 % de la normale. Cependant localement, quelques excédents sont observés dans les Pyrénées-Orientales, dans l’est du Massif Central, les Alpes du Sud, la Côte d’Azur et la Corse.

La situation pluviométrique contrastée mais localement déficitaire conduit à observer pour ce début d’année 2011 une évolution des ressources en eau souterraine à la hausse pour à peine un tiers des points suivis (30%). Le nombre de points dont les niveaux sont en baisse en mars est élevé pour cette période de l’année (46%). La période hivernale de recharge n’est prononcée que dans les secteurs où la pluie efficace a été marquée en mars. La recharge n’est pas effective pour une grande majorité des points. Les situations restent bien entendu contrastées selon que l’on considère les nappes fortement capacitives (nappe de la Craie dans le Bassin parisien, nappe des calcaires de Beauce, nappe du Lutétien) pour lesquelles les niveaux, bien qu’en hausse pour certains secteurs, restent encore assez inférieurs à la normale, ou les nappes plus réactives (nappes des calcaires jurassiques, nappes alluviales, socle) pour lesquelles la hausse des niveaux n’est pas toujours franchement marquée
.

Le niveau des nappes à fin mars est en hausse pour 30% d'entre elles, en baisse relative pour 46% et stable pour les 24% restant.

L’état de remplissage des aquifères se maintient assez globalement sur des valeurs inférieures à la normale en ce début d’année. Il est assez contrasté : inférieur à la moyenne pour 58 % des points suivis, égal à la moyenne pour 22 % et supérieur à la moyenne pour les 19 % restants.


Certaines situations déficitaires restent caractéristiques (Bassin de Paris, Bas-Dauphiné). Quelques situations normales, voire excédentaires, sont observées dans les contextes aquifères d’Alsace et, principalement, du Languedoc-Roussillon.

 

 

 Nappes inférieures à la normale

Plusieurs grandes nappes présentent une situation déficitaire :

La nappe du calcaire de Champigny
reste critique. La recharge hivernale se poursuit sur l’ensemble des piézomètres où les niveaux sont inférieurs aux normales dans la partie Ile-de-France et au-dessus des moyennes de saison en région Champagne-Ardenne. Les niveaux sont cependant globalement supérieurs aux mesures de 2009 et 2010 à la même période.

La nappe du calcaire du Lutétien et des sables de l’Yprésien en Ile-de-France : malgré une hausse des niveaux début 2011, les mesures sont inférieures aux normales de saison.

Les nappes du Bas Dauphiné en Plaine de Bièvre-Valloire présentent des situations et des évolutions contrastées en mars. Les niveaux sont cependant globalement bas (fréquence quinquennale) et évoluent toujours à la baisse sur la Bièvre (tendance durable), tandis qu'ils remontent faiblement sur la Valloire, où ils étaient et restent déprimés (fréquence décennale de basses-eaux). La situation relative reste inchangée et encore préoccupante.

 

 

Nappes proches des normales

Avec les précipitations récentes, certains secteurs présentent des situations de nappe proche des normales, voire excédentaire. On peut citer notamment :

• Les nappes d'Alsace dont les moyennes mensuelles se situent, pour la plupart des secteurs, au voisinage voire au-dessus des normales saisonnières. Tous les indicateurs sont cependant déjà orientés à la baisse en ce mois de mars 2011.

Les nappes du Languedoc-Roussillon
sont à la hausse dans la grande majorité des cas. La plupart des aquifères est en situation normale, voire supérieure à la normale.

Les nappes des formations karstiques en région PACA : à la Fontaine de Vaucluse, alors que diverses fluctuations ont été observées en mars 2011, le débit moyen du mois (22,2 m³/s) est en hausse par rapport à celui de février. Il est compris entre le débit sec de retour 2,5 ans (20,9 m³/s) et le débit médian (24,1 m³/s).

 

 

 

Source : BRGM

  1. Informations complémentaires sur les sécheresses et le niveau des nappes
  2. Télécharger la note d'information d'avril 2011

  3. En savoir plus sur l'activité "Eau" du BRGM
Tag(s) : #environnement

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